La rencontre avec la matière
Je suis François-Louis Toussaint. Mon parcours commence à Nantes dans l’atelier de mon père, facteur d’orgues. C’est à ses côtés que j’ai découvert le goût du travail manuel et la rigueur qu’impose la transformation de la matière. Si mes premières études m’ont orienté vers le commerce — un bagage qui m’est aujourd’hui indispensable pour gérer mon entreprise — le besoin de fabriquer a fini par s’imposer.

Le déclic est venu d'un reportage sur un artisan d'armes de cinéma. Pour confirmer ce projet, j'ai réalisé un premier stage chez le coutelier Mathieu Callejon : c’est là que mes premiers couteaux sont nés. J'ai ensuite entamé un tour de France de l'apprentissage : le Jura au Lycée Ferdinand Fillod pour la ferronnerie d'art et les bases de la forge, puis l'Aveyron, à Laguiole, au sein de l'entreprise Benoît l'Artisan, en alternance avec l' école de coutellerie de Thiers.

Mes premières lames furent signées de mes initiales inscrites dans un ancien alphabet, l'ogham, pendant celte aux runes scandinaves. Aujourd'hui j'opte pour un poinçon de maître, un losange entourant mes initiales avec, figurant au centre, un carnyx, cor de guerre celte derechef.
Une vision pragmatique et exploratoire
Pour moi, le couteau est avant tout un outil. Je me méfie des termes galvaudés comme « passion » ou « excellence ». Je préfère parler de métier. Un métier qui exige de la droiture : un couteau doit être ergonomique, sa coupe parfaite et son traitement thermique irréprochable.
Mon approche est principalement dictée par l’usage culinaire et gastronomique, mais je m'autorise des parenthèses plus fantaisistes. Ma culture « geek » et mon goût pour les univers imaginaires surgissent parfois dans mes créations, où je me fais plaisir avec des designs plus atypiques.
De l’industrie thiernoise à l’indépendance
J’ai passé dix années au sein de l’Atelier Perceval. Entré comme ouvrier, j’y ai gravi les échelons jusqu’à devenir chef de projet, en développant plusieurs modèles, dont Le Thiers®, Le Sommelier et Le Vendredi. Cette période a été déterminante. Elle m’a appris la gestion de la qualité, la conception, et la réalité industrielle d’un couteau. Voir l’envers du décor m’a donné une vision plus large que celle de l’établi seul.

En m'installant à mon compte en 2022, j'ai créé l'Atelier Legoff, dont le nom est un clin d’œil à mes origines bretonnes : Le Goff, le forgeron, avant de revenir à mon nom propre en 2026. J'ai souhaité mettre cette expertise au service d'une création libre. Si je suis attaché à la valorisation du patrimoine français, mon regard se porte aussi vers l'ailleurs. La coutellerie est un langage mondial dont j'aime explorer les mécanismes et les lignes, qu'elles soient traditionnelles ou futuristes.

Le bois plutôt que l'artifice
J’utilise les technologies de mon époque pour servir un artisanat de haute facture. Je dessine et numérise chaque composant, réalisant moi même mes propres découpes laser pour obtenir des bases parfaites.
Mon choix de matières est sélectif. J’ai une affection profonde pour le bois : sa myriade d’essences, sa richesse graphique et son toucher vivant. À l'inverse, je limite l'usage des composites, souvent toxiques à travailler, et je m'écarte volontairement de l'ivoire.
Au-delà des filières d'approvisionnement incertaines, je trouve ce matériau graphiquement pauvre ; le « monochrome blanc » ne possède pas, à mes yeux, la diversité organique d'une loupe de bois ou d'une essence de pays.
L'atelier : au cœur du bassin thiernois
Mon atelier est installé à Courpière, dans le bassin de Thiers. Travailler ici, dans la capitale mondiale de la coutellerie, c’est s’inscrire dans une histoire et un savoir-faire qui se perpétuent depuis huit siècles. C'est un environnement exigeant où la culture de l'acier fait partie du quotidien.

Informations pratiques : l'atelier est avant tout un espace de production. Pour cette raison, il ne m'est pas possible d'accueillir de stagiaires ou d'apprentis. Si vous souhaitez découvrir mes créations ou me rencontrer pour un projet spécifique, je vous remercie de bien vouloir me contacter au préalable afin de convenir d'un rendez-vous.